AA/ Bujumbura/ Renovat Ndabashinze/ Nzosaba Jeann Bosco
A trois jours de la Présidentielle burundaise « controversée» du 21 juillet, trois candidats ont annoncé leur retrait.
Il s'agit des deux anciens présidents, Domitien Ndayizeye et Sylvestre Ntibantunganya, ainsi que de l’opposant Jean Minani, président du parti Frodebu-Nyakuri, Front pour la democratie au Burundi-Veritable, d’après une correspondance au président de la Commission électorale Pierre Claver Ndayicariye, rendue publique vendredi.
Seuls Jean de Dieu Mutabazi, président de la Coalition pour une opposition participative « Copa » et Gerard Nduwayo, candidat du parti Union pour le progrès de la nation « Uprona », tous deux, "satellites" du parti présidentiel, seront en compétion avec le président sortant Pierre Nkurunziza.
Les candidats retirés trouvent que le climat politique et sécuritaire qui prévaut dans le pays n’est pas favorable à un scrutin apaisé, libre et transparent.
« L’environnement politique et sécuritaire dans le quel les élections seront organisées n’en garantit pas le caractère pluraliste, inclusif, transparent, juste, équitable et démocratique », lit-on dans la correspondance signée par les trois candidats.
« Au moment où nous sommes encore dans les négociations, nous ne pouvons pas répondre au rendez-vous du 21 juillet », a, en outre, déclaré à Anadolu, l'ancien président Sylvestre Ntibantunganya.
D’ici le jour du scrutin, les négociations continuent à Bujumbura, sous la facilitation du ministre ougandais de la défense, Crispus Kiyonga. A l’agenda des discussions figurent la question du 3eme mandat de Nkurunziza et celle du calendrier électoral.
Pour le gouvernement, le rendez-vous du 21 juillet doit être néanmoins respecté. « Il faut respecter les délais prévus par la Constitution», a déclaré à la presse le ministre des Relations extérieures, Alain Aimé Nyamitwe.
L’article 103 de la constitution indique que le mandat du Président de la République débute le jour de sa prestation de serment et prend fin à l’entrée en fonctions de son successeur. L’élection du Président de la République a lieu un mois au moins et deux mois au plus avant l’expiration du mandat du Président de la République, or l’actuel Chef de l’Etat a prêté serment le 26 août 2010, la date limite de la validité constitutionnelle de son mandat est le 26 août 2015.
Depuis près de deux mois, le Burundi est secoué de manifestations émaillées de violences contre la cndidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat "anti-constitutionnel" selon l'opposition et la société civile.
La Constitution burundaise limite à deux le nombre des mandats présidentiels au suffrage universel. Or, Pierre Nkurunzia qui a été exceptionnellement élu par le parlement en 2005 après une longue guerre civile, trouve qu'il a droit à un nouveau mandat.