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Burundi / ONU : L’opposition condamne la demande de fermeture du bureau des droits de l’Homme

Le Bureau onusien des droits de l'homme au Burundi compte une vingtaine d'expatriés en plus d'un réseau de Burundais répartis sur tout le pays.

Lassaad Ben Ahmed   | 09.12.2018
Burundi / ONU : L’opposition condamne la demande de fermeture du bureau des droits de l’Homme

Burundi
AA / Bujumbura / Yvan Rukundo

L’opposition burundaise a condamné énergiquement la demande de Bujumbura de fermer la représentation du Haut-commissariat des droits de l’Homme, lit-on dans un communiqué de presse dont Anadolu a reçu dimanche une copie.

Réunie au sein du Conseil national pour la restauration de l’Accord d’Arusha et dde l'Etat de droit, (Cnared), l’opposition signale que cette exigence arrive au moment où les droits de l’Homme sont intempestivement violés par Bujumbura.

« Le pouvoir tente d’éloigner tous les témoins gênants. Il y a, donc, raison de craindre que le pire peut arriver à tout moment », a-t-elle ainsi souligné, demandant aux Nations Unies de ne pas abandonner le peuple burundais et de trouver des moyens alternatifs de suivre de près le Burundi.

« Il est temps d’être plus que jamais vigilante », a-t-elle lancé à la commission onusienne d’enquête sur le Burundi, tout en demandant à la Cour pénale internationale (CPI) d’entamer la procédure de lancement des mandats d’arrêts contre les présumés coupables des crimes contre l’humanité déjà identifés.

Au conseil de sécurité de l’ONU et de l’Union africaine (UA), l’opposition demande la mise en application de toutes les résolutions votées sur le Burundi depuis le début de la crise en cours.

Cette réaction de l’opposition intervient quelques jours après la sortie d’une note de Bujumbura, envoyée à l’ONU, pour exiger la fermeture du bureau local du haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Le 11 octobre 2016, le gouvernement burundais avait suspendu toute "coopération" avec le bureau local du Haut-Commissariat de l’ONU aux
droits de l’homme, en l’accusant de "complicité dans l’élaboration d’un rapport accablant sur la situation des droits de l’homme au Burundi".

Le Bureau onusien des droits de l'homme au Burundi compte une vingtaine d'expatriés en plus d'un réseau de Burundais répartis sur tout le pays.

En septembre 2016 l’ONU avait mis sur pied une commission d’enquête sur la situation des droits de l’Homme au Burundi dans la perspective
de mener des investigations spécifiques au Burundi.

Dans son dernier rapport publié en septembre 2018, cette commission fait état d'une "persistance des violations des droits de l'Homme" dans le pays.
Un rapport rejeté par Bujumbura, le qualifiant de mensonger et de diffamatoire.

Le pouvoir de Bujumbura a, d’ailleurs, refusé de collaborer avec ces enquêteurs onusiens et a pris la décision de se retirer de la CPI en octobre 2017.

Le Burundi est secoué, depuis plus de trois ans, par une grave crise politico-sécuritaire émaillée de violences, née de la décision du président Nkurunziza de briguer un 3ème mandat jugé illégal et contesté par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.

Les violences nées des contestations ont déjà fait plus de 1000 morts et ont poussé plus de 367.000 personnes à l’exil, selon le dernier rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 octobre 2018.
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