Afrique

Burkina Faso : Un numéro vert pour signaler les violences basées sur le genre

- Une première dans le pays où la situation d’insécurité a amplifié le phénomène

Fatma Bendhaou   | 02.03.2021
Burkina Faso : Un numéro vert pour signaler les violences basées sur le genre

Burkina Faso

AA/ Ouagadougou / Dramane Traoré

Les autorités burkinabè ont procédé, mardi, à Ouagadougou, au lancement d’un numéro gratuit afin de signaler les cas de violences basées sur le genre (VBG), dans le pays où 30% de femmes estiment avoir été victimes d'agression sexuelle dès l'âge de 13 ans, selon les statistiques.
"La création de ce numéro vert spécifique aux violences basées sur le genre répond à la persistance du phénomène et à l’insuffisance de mécanismes de dénonciation, ce qui constitue un frein à l’atténuation des risques de violences subies par les femmes et les filles", a déclaré la ministre en charge de l’Action humanitaire, Hélène Marie Laurence Ilboudo.
La ministre, qui s’exprimait lors de la cérémonie tenue en la présence du chef du gouvernement, a soutenu qu’il s’agissait d'une opportunité pour les professionnels d’apporter le soutien de premiers recours voire assurer une prise en charge et un suivi des bénéficiaires.
"Totalement gratuite, cette ligne permettra, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, à informer sur les cas ou tentatives de VBG. Toute personne victime de violences ou qui en est témoin est encouragée à appeler le 80 00 12 87 pour demander de l’aide, dénoncer ou obtenir de l’assistance", a-t-elle indiqué.
Selon les chiffres de l’institut national de la statistique et de la démographie (INSD), une femme sur 5 déclare avoir subi dans sa vie à un moment quelconque depuis l'âge de 15 ans des actes de violence physique, alors que 30% de femmes ont été victimes d'agression sexuelle dès l'âge de 13 ans au Burkina Faso.
Avec la situation sécuritaire qui s’est fragilisée à partir de 2015, faisant des milliers de déplacés, le phénomène a pris de l’ampleur et menace plus d’un million de femmes et de filles ayant fui leurs localités, selon un rapport de l’ONG Oxfam publié en mai 2020.
Dans son rapport intitulé "Les Femmes dans la crise au Burkina Faso : survivantes et héroïnes", Oxfam révèle que les femmes et les filles sont exposées à des risques sans précédent, notamment le harcèlement et l’agression quotidiens, dans les champs et aux points d’eau.
Les violences sexuelles commises sur les femmes au Burkina Faso sont à la fois physiques et psychologiques. Les sévices sexuels observés sont les viols, les harcèlements et agressions sexuels, l’excision et les mutilations génitales, selon les observateurs.
Il faut également signaler l'exclusion sociale des femmes accusées de sorcellerie, ce qui constitue une atteinte à l'intégrité physique et morale des femmes. 13% des femmes âgées sont accusées de sorcellerie et plus de 700 femmes victimes de l’exclusion sociale vivent dans les centres d’accueil, selon le ministère en charge de l’Action Sociale.

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