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Burkina Faso : Le gouvernement propose la date de février 2025 pour les élections

- A quelques jours du sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

Fatma Bendhaou   | 30.06.2022
Burkina Faso : Le gouvernement propose la date de février 2025 pour les élections

Burkina Faso

AA/ Ouagadougou/ Dramane Traoré

Le Premier ministre burkinabè, Albert Ouédraogo, a informé mercredi soir, la classe politique et les acteurs économiques que le gouvernement a proposé que la date de la tenue des élections devant sanctionner la transition politique soit fixée pour février 2025.

Cette information a été donnée mercredi soir par le chef du gouvernement alors que le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) Mahamoudou Issoufou est attendu à Ouagadougou le 1er juillet 2022, selon plusieurs sources.

Cette rencontre avec la classe politique et les acteurs économiques, selon Albert Ouédraogo, a pour finalité de s’accorder sur le chronogramme qui sera soumis au médiateur de la CEDEAO avant le sommet extraordinaire de l’institution sous-régionale prévu le 3 juillet prochain à Accra au Ghana.

A l’issue de la rencontre, l’ancien président de l'Assemblée nationale Alassane Bala Sakandé a déclaré qu’il s’agit d’un " spectacle pour faire plaisir à la CEDEAO".

"Nous avons écouté le Premier ministre qui nous a fait comprendre que c’est une rencontre d’information sur la feuille de route de la transition. Cette feuille de route qui nous a été déclinée nous amène à des élections en février 2025", a expliqué Sakandé.

"Premièrement ce que nous pouvons dire, pour une question de cette importance, et qu’on nous convie pour une rencontre d’information, cela veut que nous n’avons pas la possibilité d’apporter une quelconque contribution", a-t-il indiqué.

Pour lui, la classe politique devrait être associée dans son ensemble afin d’échanger sur ce calendrier qui a été "monté par un groupe d’experts de six ou sept personnes".

"Nous sommes des Burkinabè et ce qui arrive à notre pays nous préoccupe à plus d’un titre", a-t-il fait savoir ajoutant qu’il s’agit dans ce cas précis "d’exclusion".

"Nous estimons que cela devrait commencer par des concertations", a dit Sakandé affirmant que cette rencontre "relève d’un spectacle" et "si c’est pour faire plaisir à la communauté internationale et la CEDEAO, nous disons ici et maintenant que nous n’avons pas été associés ni au début ni à la fin".

Le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, le parti de l’ex-président Blaise Compaoré), Eddie Komboïgo, a pour sa part, affirmé "apprécier" le travail qui a été fait.

"L’équipe technique a fait un travail scientifique que nous avons apprécié. Nous avons demandé à ce que ces informations nous parviennent le plus tôt pour que nous puissions soumettre à notre base pour appréciation. Dans tous les cas nous leurs faisons confiance. Ils ont dit que c'est la première fois que nous les rencontrons, nous espérons que ça va continuer ainsi et que petit-à-petit la classe politique sera insérée pour qu’à terme de la transition nous puissions organiser des élections libres transparentes et inclusives", a-t-il expliqué.

"Pour l’instant ce que nous leur souhaitons c’est plein succès dans les négociations avec la CEDEAO pour éviter des sanctions économiques injustes", a-t-il dit appelant la CEDEAO à la compréhension.

Pour le porte-parole de l’Opposition non alignée (ONA), Herman Yelkouni, "nous avons pris note après avoir constaté qu’il y a un chronogramme avec des indicateurs, justifiant que si la situation sécuritaire évolue comme les indicateurs le montrent, nous pouvons évoluer vers une sortie de crise".

"Nous sommes disposés à accompagner le gouvernement pour la réussite de la transition, pour une évolution rapide des indices afin que nous puissions aboutir à des élections libres acceptées de tous", a-t-il dit.

Pour Luc Adolphe Tiao, représentant des "autres partis", le Burkina Faso est dans une situation qui nécessite que la classe politique apporte son soutien au gouvernement de transition.

Tiao a estimé que la classe politique doit être dans un processus de dialogue avec la CEDEAO, car c’est elle qui conduira le Burkina Faso dans les années à venir.

En plus de la classe politique, le secteur privé a également été convié à cette rencontre.

Lassina Diawara, le représentant des acteurs économiques a souligné que dans la situation que vit le Burkina Faso, avec des risques de sanctions de la CEDEAO, les activités du secteur privé seront fortement impactées.

"Donc c’était important pour nous d’être associés à une rencontre d’information pour savoir que notre pays a établi un dialogue dynamique avec la CEDEAO pour sortir de la crise que nous pouvons vivre d’un moment à l’autre si des sanctions venaient à être prises", a-t-il dit, saluant les efforts du gouvernement.

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