Afrique

RDC : Au moins 18 civils tués dans une attaque rebelle à Beni

Les rebelles ont également mis le feu à plusieurs habitations, églises et commerces

Fatma Bendhaou   | 29.10.2020
 RDC : Au moins 18 civils tués dans une attaque rebelle à Beni

Afghanistan

AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa 

Au moins 18 civils ont été tués dans une attaque rebelle des Forces démocratiques alliées (ADF), mercredi soir, contre la localité de Mamove, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Les assaillants ont lancé l’assaut vers 19 heures heure locale (17h GMT), tuant par balles et machettes 18 personnes dont les corps ont été ramassés jeudi matin, selon une déclaration de l’administrateur du territoire de Beni dont relève Mamove, Donat Kibwana, à Anadolu.

En plus des exactions, les rebelles ont incendié plusieurs habitations, églises et commerces, a affirmé Kino Katuho, représentant de la société civile de Mamove.

Confirmant le bilan des autorités, il a déploré la « passivité » de l'armée « qui a été alertée 6 à 7 heures avant les tueries sans intervenir»

Les populations locales ont « vu l'ennemi en train de circuler dans la contrée déjà à partir de 12 heures. On a signalé les faits à l’armée qui dispose d’une base à 1 kilomètre du village attaqué, mais l'armée n'a pas pu protéger la population… Les militaires ont juste essayé de rassurer la population, sans plus » regrette-t-il.

L’ADF regroupe, à l'origine, des rebelles musulmans ougandais qui se sont installés dans l'est de la RDC en 1995, fuyant le nouveau régime en Ouganda. Depuis quelques années, leur recrutement s'est élargi à d'autres nationalités, et même à des Congolais.

Le porte-parole de l’armée congolaise, Léon Richard Kasonga, avait reconnu lors d’un entretien avec la presse que le plus grand défi est d'identifier les assaillants qui « vivent au sein de la population » et qui portent, dans certains cas, les mêmes tenues que les forces gouvernementales.

Ces rebelles qui n'ont jamais fait de revendications officielles, sont accusés par Kinshasa et l’ONU d'être responsables des massacres des milliers de civils dans le territoire de Béni, frontalier avec l’Ouganda, depuis 2014.

Sans preuves d’une collaboration, Daech a revendiqué certaines des attaques de l’ADF dans la région. Leur dernière revendication a eu lieu après l’attaque de la prison de Beni, suite à laquelle plus de 1400 détenus, dont des combattants, se sont évadés.

2127 civils ont été tués, 1450 enlevés et 938 kidnappés dans le conflit armé qui fragilise l’Est congolais, durant les 20 premiers mois de la présidence de Félix Tshisekedi, selon Le baromètre sécuritaire du Kivu, un projet né de la coopération entre le Groupe d’étude sur le Congo (GEC), rattaché à l’Université de New York, et l’ONG Human Rights Watch.

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