Serap Dogansoy
23 Juillet 2026•Mise à jour: 23 Juillet 2026
Le baril de Brent a brièvement dépassé ce jeudi les 100 dollars, pour la première fois depuis le 26 mai, porté par l’intensification du conflit au Moyen-Orient et les menaces sur le transport maritime pétrolier.
Vers 15H05 à Paris, le Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre gagnait 6,05%, à 99,76 dollars, après avoir franchi le seuil symbolique des 100 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI) américain de même échéance progresse de 5,02%, à 91,19 dollars, son plus haut niveau depuis début juin.
Le Brent a gagné près de 30 dollars, soit environ 40%, depuis début juillet et affiche une hausse mensuelle de 35,3%, l’une des plus fortes depuis dix ans.
Des pétroliers visés en mer Rouge
Cette envolée intervient après la revendication, par les Houthis du Yémen, d’attaques aux missiles et aux drones contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge. Le groupe affirme que les navires avaient enfreint son blocus maritime visant les ports saoudiens.
Le service britannique de sécurité maritime UKMTO a signalé qu’un navire avait été touché au sud-ouest d’Al-Shuqaiq, provoquant un incendie sans faire de blessés. Plusieurs bâtiments ont par ailleurs évité le détroit de Bab el-Mandeb après les avertissements des Houthis.
Ces attaques ouvrent un nouveau front pour les approvisionnements pétroliers, déjà perturbés dans le détroit d’Ormuz. Le Corps des gardiens de la révolution iranien a également fait état d’une explosion sur un pétrolier près de ce passage stratégique, contraignant des navires à faire demi-tour. Les tensions sur ces deux routes ont soutenu la hausse des cours.
Le trafic s’effondre à Ormuz
Le nombre quotidien de navires traversant le détroit d’Ormuz est tombé à 15, contre environ 130 avant le conflit, selon les données de Kpler.
La tension s’est encore accrue jeudi après de nouvelles déclarations de Washington et de Téhéran, ainsi que des attaques signalées en Jordanie et au Koweït.
Le président américain Donald Trump a menacé de détruire des centrales électriques ou des ponts iraniens en cas d’attaque contre le trafic maritime à Ormuz. Téhéran a averti en retour que toute frappe américaine contre ses infrastructures entraînerait des attaques contre des installations énergétiques régionales liées aux intérêts des États-Unis.
L’armée américaine mène depuis près de deux semaines des frappes destinées à réduire la capacité de l’Iran à perturber le commerce maritime.
La reprise des hostilités intervient après la signature, le 17 juin par Donald Trump, d’un protocole d’accord destiné à mettre fin au conflit avec l’Iran. L’accalmie avait alors fait reculer les prix avant une nouvelle flambée liée à l’extension des affrontements. Le Brent a franchi jeudi les 100 dollars dans un contexte de craintes renouvelées pour les approvisionnements mondiaux en pétrole.