Ayşe Başhoruz
10 Avril 2026•Mise à jour: 10 Avril 2026
AA / Istanbul
Le gouvernement français a dévoilé vendredi un ensemble de mesures structurantes pour accélérer l’électrification des usages dans le logement, les transports et l’industrie. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que « le soutien à l’électrification de notre pays sera multiplié par deux », passant de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030, selon ses déclarations depuis Matignon.
Dans le détail, il a précisé que cette enveloppe « ne sera pas de l’argent nouveau », mais proviendra d’une réorientation des dépenses publiques et d’une optimisation des politiques énergétiques existantes, dans un contexte marqué par l’instabilité des marchés des hydrocarbures.
- Un plan structuré autour du logement et des transports
Sur le volet du logement, le gouvernement a confirmé qu’à compter de fin 2026, l’installation de chaudières au gaz ne sera plus autorisée dans les constructions neuves, y compris dans les bâtiments collectifs et tertiaires.
Le gouvernement français prévoit par ailleurs le déploiement d’environ un million de pompes à chaleur chaque année d’ici 2030. Le Premier ministre a indiqué que ces équipements permettraient de réduire de moitié les coûts de chauffage et qu’ils seraient majoritairement produits en France.
Dans le secteur du logement social, l’exécutif vise la sortie progressive du gaz pour environ deux millions de logements d’ici 2050, avec une première étape ciblée sur cent territoires pilotes engagés vers une trajectoire « zéro gaz » à horizon 2030.
- Extension du leasing social et électrification
Concernant les transports, le Premier ministre a établi comme objectif que « deux voitures neuves sur trois devront être électriques d’ici 2030 ». Il a également annoncé le renforcement du dispositif de leasing social, dispositif public qui permet de louer une voiture électrique à un coût mensuel réduit grâce à une aide de l’État, avec 50 000 véhicules supplémentaires disponibles dès le mois de juin, en complément du dispositif déjà existant.
Une nouvelle enveloppe portant sur 50 000 véhicules électriques sera par ailleurs mise en place en 2026 afin d’équiper les travailleurs qualifiés de « gros rouleurs », parmi lesquels figurent notamment les aides à domicile, les infirmières, les artisans ainsi que les agents publics fortement dépendants de leur véhicule pour leurs déplacements professionnels.
S’agissant des entreprises, des mécanismes de soutien ciblés seront instaurés, incluant des aides pouvant aller jusqu’à 100 000 euros par véhicule pour les poids lourds électriques, selon les annonces du gouvernement.
- Contexte énergétique
Le Premier ministre a justifié ce plan par la nécessité de « transformer notre consommation d’énergie » afin de réduire la dépendance de la France aux importations d’hydrocarbures, dans un contexte international marqué par des tensions persistantes au Moyen-Orient et une volatilité des prix de l’énergie.
Lecornu a par ailleurs exclu toute diminution généralisée des taxes sur les carburants, privilégiant une stratégie de transition structurelle vers l’électricité. Le chef du gouvernement a insisté sur une logique de « planification sérieuse, suivie dans la durée ».