Serap Doğansoy
23 Juillet 2026•Mise à jour: 23 Juillet 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le taux auquel la France emprunte sur dix ans a franchi ce jeudi le seuil de 4% pour la première fois depuis juin 2009, accentuant la pression sur des finances publiques déjà fortement endettées.
À 09H47 à Paris (07H47 GMT), le rendement de l’obligation assimilable du Trésor (OAT) à dix ans atteignait 4,014%, avant de poursuivre brièvement sa hausse. Il a progressé de plus de 0,70 point en un an et d’environ 0,40 point sur le dernier mois.
Ce rendement correspond au taux exigé par les investisseurs pour prêter à l’État français pendant dix ans. Son augmentation ne s’applique pas immédiatement à l’ensemble de la dette existante, mais renchérit progressivement les nouvelles émissions et le refinancement des titres arrivant à échéance.
Inflation et risque politique
Cette hausse s’inscrit dans un mouvement mondial de vente d’obligations, alimenté par la remontée des prix du pétrole et les craintes d’un regain d’inflation susceptible de maintenir les taux directeurs à un niveau élevé.
Le rendement allemand à dix ans a parallèlement atteint environ 3,21%, son plus haut niveau depuis quinze ans, tandis que celui des États-Unis approchait 4,68%.
En France, les inquiétudes entourant la dette publique, proche de 117% du produit intérieur brut, et les incertitudes politiques à l’approche de l’élection présidentielle de 2027 renforcent également la prudence des investisseurs.
Un possible effet sur les crédits immobiliers
L’OAT à dix ans constitue une référence pour plusieurs taux pratiqués dans l’économie française. Sa progression peut notamment se répercuter sur le coût des crédits immobiliers proposés aux ménages, même si cette transmission n’est ni immédiate ni automatique.
La hausse alourdit également, à mesure du renouvellement de la dette, la charge d’intérêts supportée par l’État et réduit ses marges de manœuvre budgétaires.